Category Archives: Alinéas

*des mots*

De la vérité

De la vérité

Y : « … Tout homme qui s’intéresse à la vérité écoute ce que je dis. »

P : « Qu’est-ce que la vérité ? ». J’avais dit cela comme on hausse les épaules pour me débarrasser d’un visiteur importun. Qu’est-ce que la vérité ? Il y a la tienne, il y a la mienne et celle de tous les autres… Toute vérité n’est que la vérité de celui qui la dit. Il y a autant de vérités que d’individus. La vérité n’est jamais une ; c’est pour cela qu’elle n’existe pas. Seule la force impose une vérité, et la force n’a rien d’intellectuel, elle contraint avec ses armes ; par le glaive, par le combat, par le meurtre, par la torture, par le chantage, par la peur, par le calcul des intérêts…

« Qu’est-ce que la vérité ? » J’avais dit cela plus pour moi que pour l’accusé… Mais, à ma grande surprise, Y m’avait bien entendu et s’était mis à trembler. J’étais surpris. Cet homme doutait.

Les fanatiques, d’ordinaire, écrasent leurs doutes en sur affirmant leur foi. En revanche Y se remettait sincèrement en question… Il semblait craindre d’avoir fait entièrement fausse route. Il entrevoyait que je le prenais pour un fou et se demandait tout bonnement, si je n’avais pas raison… Puis il maîtrisa ses frissons, rassembla ses forces, soutint mon regard et prononça lentement :

« En effet : qu’est-ce que la vérité ? » Il me renvoyait la question.

Et comme par un retour de balle, c’était moi qui, maintenant, tremblais sous le coup de l’interrogation et commençais à avoir peur. Non je ne détenais pas la vérité, j’avais juste le pouvoir, le pouvoir aberrant de décider ce qui est bon ou mauvais, le pouvoir exorbitant de vie et de mort, l’obscène pouvoir…

Extrait de « L’Evangile selon Pilate » d’Eric Emmanuel Schmitt

De la guerre

De la guerre

C’était lui le héros…Il avait toutes les qualités qu’on attendait d’un soldat. Il était loyal jusqu’à la mort, courageux, sans pitié envers les ennemis. Pour lui, le monde était fait de bons et de méchants. Il y avait un mot pour dire ça : il n’avait aucune humanité. Bien sûr, c’était un chien…Mais nous qui n’étions pas des chiens, on nous demandait la même chose. Les distinctions, médailles, citations, avancements, tout cela était fait pour récompenser des actes de bêtes…Au contraire, la seule manifestation d’humanité, celle qui aurait consisté à faire fraterniser des ennemis, à décider la grève de la guerre, à forcer les gouvernements à la paix, cet acte là était le plus condamnable de tous et nous aurait valu la mort si nous avions été découverts. Quand j’ai compris ça, j’ai cessé de détester Guillaume (le chien). Je n’avais aucune raison de l’aimer non plus. Il avait obéi à sa nature et sa nature n’était pas humaine. C’était la seule excuse qu’il avait. Tandis que ceux qui nous envoyaient au massacre n’en avaient aucune.

Extrait de « Le collier rouge » de Jean Christophe Rufin

Dans les Rocheuses

Dans les Rocheuses

Avec les enquêtes de Walt Longmire, shérif du comté d’Absaroka au Wyoming, Craig Johnson nous fait découvrir les rigueurs de cette région des Etats-Unis. Les enquêtes sont toujours prenantes et ce pauvre Walt se retrouve bien souvent dans des situations inextricables dont il parvient toujours à s’extriquer (je sais que ce mot n’existe pas !). On le retrouve dans une quinzaine de livres qui lui font vivre de nombreuses aventures. Dépaysant et vivifiant !

Little Bird par Johnson

Nation Navajo

Nation Navajo

Tony Hillerman nous emmène au coeur du peuple navajo aux confins de l’Arizona, de l’Utah et du Nouveau Mexique, avec ses deux inspecteurs de la police tribale Joe Leaphorne et Jim Chee. On y découvre les traditions, les conditions de vie pas souvent reluisantes, les paysages desséchés. Bref une immersion totale. La série nous dépayse tout au long des 18 tomes qui la composent.

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