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La Ville Haute

La Ville Haute

Avant de commencer le récit de notre dernière journée en Grèce, je fais un petit retour sur notre soirée d’hier soir : diner dans la rue près de l’hôtel, les ghyros (kebab grec) sont excellents et nous sommes accompagnés par une guitare et un bouzouki pour un concert de très bonne qualité.

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La nuit est tombée et de la terrasse de notre hôtel la vue sur l’Acropole de nuit est magique

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Voilà pour hier soir. Ce matin notre guide vient nous chercher à l’hôtel pour une petite marche matinale vers l’Acropole (traduction : la ville haute). Nous passons à nouveau près de l’agora romaine que nous avions vu la veille et près d’une très jolie église surplombé par l’observatoire d’Athènes

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Ca grimpe dur et … il fait déjà très chaud. Mais la vue sur la ville et sur l’agora grecque est vraiment très belle

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On approche du site. La file d’attente pour les tickets est déjà très longue, mais notre guide nous sert de coupe-file, ça c’est bien. On commence la visite par l’Odéon d’Hérode Atticus d’époque romaine aujourd’hui toujours utilisé pour des festivals

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Et on arrive presque au sommet. Devant nous les Propylées, entrée monumentale du site avec ses colonnes au travers desquelles passait la voie sacrée menant aux temples.

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Passée cette entrée, on découvre le Parthénon dans toute sa splendeur. Bien sur il nous faut ignorer les échafaudages permanents puisque le monument est en rénovation permanente depuis 1983. Construit au 5ème siècle avant JC, il s’agit d’un trésor renfermant une statue de la déesse Athéna en or et ivoire de 12 m de haut que les byzantins emporteront chez eux et que plus personne ne reverra ! Le Parthénon comporte 8 colonnes sur les petits côtés et 17 sur les longs. Tout cela en marbre du mont Pentélique tout près d’Athènes.

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Sur le côté s’élève l’Erechthéion, un petit temple dont une partie était dédiée à Poséidon et l’autre (plus grande) à Athéna. Adossé au temple d’Athéna on admire la portique des Caryatides soutenant le plafond. Il faut par ailleurs bien s’imaginer que tous ces éléments en marbre, aujourd’hui blancs, étaient colorés.

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La vue sur la ville est toujours superbe et en contrebas on aperçoit l’Olympéion, un temple colossal qui comportait 104 colonnes corinthiennes. Aujourd’hui il n’en reste que 16 !

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On termine en repassant devant le temple d’Athéna Niké (Athéna la victorieuse). Les statues de victoires sont normalement ailées, mais celle qui était dans ce temple n’avait plus d’ailes. On raconte que les Athéniens croyant détenir la victoire, lui auraient coupé les ailes pour qu’elle ne quitte plus jamais Athènes.

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Nous quittons l’Acropole en tout début d’après-midi. Après une grande balade dans le quartier de Plaka, nous nous arrêtons pour déjeuner près de la cathédrale, puis nous repartons vers le Parlement pour assister à la « danse » de la garde. Quand on arrive, les 2 gardes en costume traditionnel (notez les pompons sur les chaussures, très élégants) sont à l’abri du soleil sous un petit auvent bleu et blanc. En plein soleil, nous devons dépasser les 40 °C.

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Et le ballet commence : ils se font face, le fusil sur l’épaule et ils vont vers la tombe du soldat inconnu derrière eux avec de jolis mouvements de jambes devant et derrière. Puis ils se croisent (les figurent deviennent compliquées) sans se toucher, puis ils repartent, puis ils se recroisent à nouveau (fait toujours très chaud) et au bout d’un moment ils se tournent le dos et chacun retourne sous son auvent. On souffre pour eux !

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Voilà ainsi se termine ce tour chaud, mais surtout très instructif. Il nous a permis de redécouvrir l’histoire du monde grecque que nous connaissions en partie mais que nous avions du mal à organiser dans le temps. Belle et riche civilisation, maintes fois envahie, mais dont les habitants relèvent toujours le défi d’exister en tant qu’héritiers des Dieux de l’Olympe. Difficile héritage à assumer !

Sous la protection d’Athéna

Sous la protection d’Athéna

Ce matin nous quittons les hauteurs de Portaria, ses toits de lauze, et la péninsule du Pélion. Droit vers le sud !

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Nous avons environ 300 km à faire pour rejoindre Athènes. Notre hôtel est en plein centre, dans le quartier de Monastiraki. On s’enfonce dans de toutes petites rues, aucune place de parking, on s’arrête au milieu (comme le font systématiquement les grecs), on dépose les valises et les garçons ramènent la voiture de location à son propriétaire. En attendant on s’installe dans nos chambres. La vue est sympathique !

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Avec tout ça, il est 15h et on n’a pas déjeuner. On descend au coin de la rue, il y a une petite place (sans platane) et de quoi grignoter. Ce sera des glaces ! Et comme il est encore tôt on a le temps de flâner dans le quartier, au demeurant très animé. Quelques pas et nous voilà sur la place Monastiraki où veille l’ancienne mosquée Tsidarakis, désormais musée de la céramique juste à côté de la bibliothèque d’Adrien dont il ne reste que quelques colonnes

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On traine dans les petites rues commerçantes ombragées, par endroit on se croirait dans un souk. Il n’y a pas encore foule, il faut dire qu’à cette heure de l’après-midi il fait encore bien chaud. Etonnant, non ?

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On poursuit notre balade et on arrive sur la place Mitropoli, pour admirer la Métropole (cathédrale) d’Athènes flanquée d’une petite église byzantine du 12ème siècle, en fait l’ancienne cathédrale appelée pour cela Petite Métropole.

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Il suffit de s’écarter un peu des rues commerçantes pour se retrouver seul dans les ruelles d’Anafiotika, un quartier accroché sous l’Acropole.

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On prend notre temps et à chaque coin de rue on découvre des vestiges perdus au milieu des habitations. Il doit y en avoir des choses mystérieuses là dessous. On peut facilement supposer qu’à chaque fois qu’une nouvelle construction se prépare, les fouilles doivent être vertigineuses. Ici la Tour des Vents et l’agora romaine, plus loin on retrouve l’arrière de la bibliothèque d’Adrien.

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Nous poursuivrons demain notre découverte de cette ville étonnante, à la fois chargée d’histoire et bouillonnante d’activité. Dernière photo en revenant vers l’hôtel (la photo est droite, pour ceux qui en douterait)

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Entourés par la mer Egée

Entourés par la mer Egée

Nous sommes dans la péninsule du Pélion cernés par les eaux transparentes de la mer Egée. On en dira pas autant du ciel qui est très brumeux au dessus de la côte, peut-être en raison de la proximité de la ville de Volos. Les photos s’en ressentent du coup !

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Cette région est surtout caractérisée par ses longues plages à l’ouest et ses petites criques à l’est, difficiles d’accès mais d’une couleur parfaite. Dans tous les cas on ne trouve pas de sable fin et donc ça fait mal au pied les petits et les gros cailloux !

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L’autre caractéristique ce sont les petits villages accrochés à la montagne qui ont tous un passé de résistance à l’envahisseur turc au 19ème siècle. Ils ont tous, bien évidemment, les petites ruelles pavées, les belles églises orthodoxes et et et … une place centrale avec des platanes et des cafés pour prendre le frais et pourquoi pas un ouzo.

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Demain on reprend la route vers Athènes.

Olympe, Apollon et Schwarz

Olympe, Apollon et Schwarz

Nous entamons notre retour vers Athènes. Nous avons encore une étape dans le Pélion, péninsule montagneuse au nord ouest d’Athènes où nous nous rendons. Nous choisissons de prendre le chemin des écoliers et de faire un petit détour sur le route qui mène à Thessalonique car nous voulons voir le mont Olympe. Venir en Grèce et ne pas voir le domaine des dieux serait purement et simplement un sacrilège ! Pour tout dire le mont Olympe est en fait une chaine de 9 sommets dépassant 2600 m et culminant à 2917 m, mais point de Zeus à l’horizon !

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Dans la vallée que nous empruntons coule le fleuve Pénée. Alors revenons un peu en arrière : Apollon a tué le python de Delphes pour s’emparer de l’oracle. A la suite de ce terrible effort, il décida d’aller se purifier dans le cours du Pénée pendant 8 ans. Décidément on le suit à la trace !

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Une petite route en lacets serrés nous élève jusqu’à un petit village qui ne paye pas de mine sur les pentes du mont Ossa à 400 m au dessus de la vallée : Ambelakia. Et là grosse surprise, nous tombons sur une maison incroyable : la maison de Monsieur Schwarz (de son vrai nom Georgios Mavros). C’est lui qui fonda ici la première coopérative en 1778 spécialisée dans la production de fil de coton teint avec un colorant rouge extrait de la garance. A cette époque elle comptait plus de 6000 membres.

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Il se trouve qu’on peut visiter la maison pour la modique somme de 2€ par personne. Au diable l’avarice, on y va. Et là on découvre une maison avec intérieur en bois orné de splendides fresques digne d’un palais. On en revient pas et comme on est seuls, on en profite un maximum.

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Bien sûr certaines parties sont très abimées et ce n’est certainement pas avec les 2€ demandés à l’entrée qu’ils vont récupérer de quoi les rénover. Des fenêtres tout en haut on a une superbe vue sur le village et au loin sur l’Olympe.

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On s’arrête sur la place centrale typique avec ses énormes platanes pour boire un coup (il fait chaud, ça se confirme) et on quitte ce charmant village pour terminer notre étape du jour. On arrive à Portalia vers 14h, on pose les valises à l’hôtel, on va déjeuner sur la place centrale typique sous les platanes puis on repart vers la côte est pour admirer la mer Egée. On traverse des petits villages de montagnes spécialisés dans la culture des arbres fruitiers : des pommiers à perte de vue, des poiriers, des pruniers… et on arrive après maints virages en épingles à cheveux à Horefto avec sa longue plage et ses nombreux touristes. On boit encore un coup, on mange une glace et on rentre par la même route « virageuse ». N’empêche, la mer Egée, elle est belle !

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Les merveilleuses colonnes du ciel

Les merveilleuses colonnes du ciel

Grande journée dans les Météores. Mais le site le mérite amplement. Autrement appelées les colonnes du ciel, cette forêt de pierres recèle des trésors.

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Nous commençons notre tour par un arrêt sur la route pour admirer le petit monastère de Saint Nicolas qui se détache sur son piton rocheux. Nous reviendrons le visiter en fin de matinée.

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Pour l’instant nous allons au monastère de Varlaam, situé tout près du Grand Météore que nous avons vu hier. Le panier à provision est au sol attendant qu’on le remonte jusqu’au sommet. L’à-pic est vertigineux !

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C’est le monastère de la Toussaint. Il est posé à 373 m du sol. On raconte que son église a été construite en 20 jours, mais qu’il a fallu 22 ans pour monter tous les matériaux au sommet. Cela semble assez crédible.

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L’église est impressionnante comme toutes les autres : il n’y a pas un cm² sans fresques. Tous les murs et les plafonds sont recouverts d’une iconographie d’une exécution remarquable. On en prend plein les yeux. Les ambons (socles où sont posés les évangiles) sont en marqueterie incrustée de nacre et d’ivoire ! Mais toujours pas de photos !

Par contre on peut prendre en photo le filet et le treuil qui servait à monter les moines ainsi que l’énorme barrique du 16ème siècle pouvant contenir 12 000 litres de vin. On se demande bien ce qu’ils en faisaient !

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On surprend un moine à l’ouvrage (c’est un faux :-))

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On a une belle vue sur le monastère du Grand Météore et sur son cortège de pèlerins (il y en a, notamment des russes) et de touristes en pleine ascension.

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Et nous reprenons la route. Nous allons redescendre vers St Nicolas, mais avant, nous trouvons un belvédère parfait qui nous donne une magnifique visions des monastères : d’abord Varlaam devant le Grand Météore, puis le Monastère de Roussanou, et sur la dernière photo, de nouveau Roussanou et au loin St Nicolas. On pourrait rester toute la journée devant ce spectacle !

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Donc St Nicolas Reposant  : il faut monter, monter, monter et on arrive dans un tout petit monastère, avec une toute petite église. Seuls 7 à 10 moines y vivaient (y vivent peut-être encore ?) Trop mimi ! On voit encore un morceau de l’échelle qui servait pour accéder au monastère, Ca donne envie, non ?

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Allez, la journée n’est pas terminée. Avant de déjeuner on a encore le temps de s’en faire un petit dernier ! Ce sera le monastère de St Etienne (Agios Stéfanos). On passe d’abord devant le monastère de la Sainte Trinité (Agia Triada). Mais nous ne nous y arrêtons pas. Trop d’escaliers à gravir et on fatigue surtout qu’il fait toujours aux alentours de 34-35°C et qu’il est midi et, bon, on n’y va pas et c’est tout ! Ceci dit il est quand même beau à voir de loin :

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Il nous reste une heure avant la fermeture (à 13h30) pour visiter St Etienne. On arrive, on effectue le rituel de l’habillement (on l’a fait dans tous les monastères) car on ne doit pas montrer ses genoux ni ses épaules. Les garçons ont mis leurs pantalons et nous on met une jupe (pantalons interdits pour les filles) et on se couvre les épaules, on paye (normal il faut bien participer à l’entretien des lieux) et on ne monte pas d’escaliers. Le parking est au niveau du monastère. Ca c’est sympa pour nos genoux.

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Ce monastère est le plus récent, il date du 19ème siècle et il domine la plaine de Thessalie.

On va maintenant manger, car la grimpette ça creuse. On emprunte la route des crêtes et on trouve un petit resto où la cuisine locale est faite au feu de bois. Miam !

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Il nous reste encore un monastère à visiter, celui de Roussanou dit de Ste Barbe (Agia Barbara). Quoi ? encore des marches ?

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Buvons la coupe jusqu’à la lie et montons ! Ce monastère est en fait occupé par des moniales et est un des plus anciens des Météores.

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Apparemment il en resterait encore quelques uns à voir de ce type :

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Mais là, à moins de se faire déposer par hélicoptère, je ne vois pas comment faire. Du coup on va retourner à l’hôtel pour prendre une douche et se poser 5 minutes. Sacrée journée !!

Stratosphé-é-rique

Stratosphé-é-rique

Notre route nous amène maintenant encore plus au nord. Nous faisons un arrêt au défilé des Thermopyles pour voir le lieu où Léonidas et ses 300 spartiates ont tenté de tenir tête aux perses pendant la 2ème guerre médique, en 480 avant JC. Ils ont tous péri mais ont ainsi permis au reste de l’armée de se préparer à la victoire finale.

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Thermopyles signifie littéralement « portes chaudes ». L’eau qui coule en cet endroit dégage une très forte odeur de soufre, elle est très chaude et ses rives nous ramènent quelques années en arrière dans le parc du Yellowstone.

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Au moment du déjeuner nous sommes dans les Météores : les lieux suspendus. Alors là c’est wahou !

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La vue de ces énormes mégalithes de grès est déjà impressionnante mais quand on avance vers les monastères cela devient incroyable. Aujourd’hui il ne reste que 6 monastères encore en activité sur les 24 que la région comptait au moyen-âge. Cet après-midi nous visitons le Grand Météore, le plus ancien et le plus grand. Il se mérite, car même si l’on n’y monte plus installé confortablement dans un filet suspendu à une corde, il faut quand même monter 146 marches. Mais le jeu en vaut la chandelle !

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L’église est entièrement recouverte de fresques aux couleurs chatoyantes, aux traits d’une remarquable finesse et en parfait état. Malheureusement nous ne pouvons pas y faire de photos. Mais à l’extérieur on peut aussi admirer d’autres fresques tout aussi belles

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On visite un musée de manuscrits et un musée du folklore local. On s’arrête un instant devant l’ossuaire, difficile de creuser des tombes à cet endroit.

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Et à l’extérieur on a vue sur les autres monastères : celui de Varlaam et sur le couvent de Roussanou

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Au loin on en aperçoit un troisième. Les a-pics nous donnent le vertige mais qu’est-ce que c’est beau !

Demain on y retourne !

 

L’Omphalos du monde

L’Omphalos du monde

Qui croyait que Pougne Hérisson était le nombril du monde ? En fait, l’omphalos (le nombril) du monde est à Delphes, là :

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C’est Zeus qui l’a dit, alors on a intérêt à le croire sous peine de recevoir les foudres divines ! Nous voilà donc au centre de l’univers, sur le Mont Parnasse, à flanc de montagne.

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Ici, Apollon, toujours lui, a terrassé le python qui protégeait l’oracle et ainsi se l’est approprié. C’est de là que vient le nom de Pythie de Delphes, internationalement connue. La pythie faisait généralement des prédictions ambigües, comme ça il n’y avait aucune contestation possible. Le site était donc un sanctuaire dédié à Apollon où des pèlerins venaient remercier le dieu avec des offrandes. On appelait cela des trésors. Le seul trésor reconstitué à Delphes est celui des Athéniens en remerciement de leur victoire à Marathon.

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Au milieu du site, le grand temple d’Apollon est immense et repose sur un mur de soutènement polygonal dont les pierres sont parfaitement ajustées. Un travail d’orfèvre !

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On poursuit notre ascension pour arriver au théâtre en partie conservé qui pouvait accueillir quelques 5000 spectateurs.

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Dans le musée archéologique, les objets trouvés sont rassemblés. De tous petits objets mais aussi des statues entières en bon état : le sphinx qui était posé au sommet d’une colonne d’une dizaine de mètres et le célèbre Aurige de Delphes, une des rares statues en bronze retrouvé intacte (le bronze étant grandement recherché par les visiteurs pour le transformer en armes). Du char et des chevaux qu’il conduisait il ne reste que quelques petits fragments visibles dans une vitrine proche.

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Après cette nouvelle balade dans le temps au 7ème siècle avant JC, nous redescendons un peu vers le sud pour aller visiter le Monastère d’Ossios Loukas. Au passage on s’arrête à Distomo pour déjeuner dans un petit restaurant local. Le propriétaire cuisinier, très sympa, nous invite dans la cuisine pour soulever les couvercles des casseroles et ainsi décider de ce que nous souhaitons manger : ce sera fritures de poissons, moussaka et tsatsiki. Succulent.

Nous remontons vers le Monastère de St Luc le Stiriote.

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Ensemble architectural byzantin de grande envergure il est vraiment magnifique avec ses murs en couleurs et ses marbres sculptés.

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Dans la crypte les fresques sont très bien conservées et dans le Katholicon, l’église principale, les mosaïques en or nous éblouissent;

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Avant de partir nous prenons un moment pour déguster un café glacé (typique) avec un petit gâteau, spécialité du monastère, sur une immense terrasse qui domine la vallée. Et nous redescendons au niveau de la mer, à Galaxidi.

Château vieux

Château vieux

Nous quittons le Péloponnèse aujourd’hui et poursuivons notre route vers le nord et la Grèce Centrale. En chemin nous nous visitons le château de Chlemoutsi qui fut construit par les francs en 1222. Car on ne le sait pas, chez nous, en France, mais certains de nos ancêtres ont régné sur le Péloponnèse (qui s’appelait alors la Morée)  pendant 2 siècles !

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Le château a belle allure et les travaux de reconstruction sont en cours. De grandes salles voutées sont ouvertes au public ainsi qu’un petit musée.

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Mais ce qu’on ne peut pas rater c’est la vue sur le golfe de Patras dans la mer Ionienne. Au loin on distingue à peine l’île de Zakinthos à cause de la brume due à la chaleur.

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On repart et on tente un arrêt plage mais comme il n’y a pas un coin d’ombre et qu’on n’a pas notre parasol, on continue notre chemin. Il est temps maintenant de changer de terre en franchissant le pont qui sépare le Péloponnèse de la Grèce continentale. Ce pont inauguré en 2004 a été construit par Vinci et c’est le second plus long pont suspendu européen après le viaduc de Millau. Très élégant !

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Notre étape du jour est à Galaxidi. Nous sommes maintenant au bord du Golfe de Corinthe. La petite ville est dotée de plusieurs églises dont le plus grande Agios Nikolaos domine les habitations , de belles ruelles plongeant vers le port.

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Au sortir de notre dîner de feuilles de vignes, tomates et poivrons farcis, la nuit est tombée et l’église se détache au loin.

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Olympiades avant l’heure

Olympiades avant l’heure

C’est bientôt les jeux olympiques de Rio. Mais d’où part la flamme ? D’Olympie. Nous y sommes. Il ne faut pas confondre Olympe, domaine des Dieux, montagne du nord est de la Grèce et Olympie dans le Péloponnèse où Pélops a créé les jeux Olympiques en 776 avant JC. Ces jeux qui se déroulaient tous les 4 ans ont eu lieu 293 fois, jusqu’en 394 après JC, Ils ont été supprimés par Théodose, empereur chrétien, car considérés comme une fête paienne. Il faut dire que tous ces athlètes gymnos (nus en grec) ça faisait désordre. Bien sûr, seuls les hommes avaient le droit de concourir ou d’être spectateur. Les jeux avaient lieu à compter de la deuxième pleine lune après la solstice d’été et duraient 5 jours. Les athlètes venaient 1 mois avant pour s’entrainer sur le site. D’ailleurs parlons un peu du site : grandiose.

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Le cadre est superbe. Bien sur il ne reste pas beaucoup de bâtiments debout (les tremblements de terre et les pillages ayant fait leur oeuvre de destruction massive) mais un dénommé Pausanias, qui visita le site au 2ème siècle, en fit une description très précise ce qui permet d’imaginer aisément l’ampleur des constructions.

D’abord le gymnase où les athlètes s’entrainaient à la course, puis le palestre pour les entrainements à la lutte.

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Un peu plus loin le Leonidaion, probablement l’ancêtre du village olympique

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Ce site qui n’était utilisé que pour les jeux étaient surtout un centre religieux. Le centre est occupé par plusieurs temples. D’abord le temple de Zeus, le plus grand, puis le temple d’Héra et celui de la mère des Dieux. Les offrandes étaient nombreuses et des salles étaient réservées au stockage de tous ces ex-votos.

Là encore, comme au temple d’Apollon de Bassae, des blocs gisent partout en attendant une improbable reconstruction. Certains pèsent plus de 12 tonnes !

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Plus loin encore on entre sur le stade (mesure grecque de 192 m). Pas de gradins, les spectateurs s’asseyaient sur l’herbe pour voir courir les athlètes.

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En revenant sur nos pas, notre guide nous explique que, parmi les jeux, il y avait également les courses de chars. Mais aucune trace de l’immense hippodrome décrit par Pausanias. Il git probablement sous le lit du cours d’eau voisin.

Notre guide nous montre ensuite le lieu où la flamme des jeux olympiques actuels est allumée à partir d’un miroir reflétant les rayons du soleil. Cela ne paye pas de mine

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Et avant de quitter le site, nous nous arrêtons devant une construction circulaire, le Philippeion, construit par Philippe de Macédoine qui voulait lui aussi laisser sa trace en ces lieux.

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Nous terminons notre visite par le musée archéologique qui recèle quelques merveilles : les frontons du temple de Zeus originales en marbre ! Magnifiques !

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Il est vraiment intéressant de voir le nombre d’objets retrouvés et surtout les décorations et les statues. Bon nombre ont pourtant purement et simplement disparu. Parmi ces statues, l’Hermès de Praxitèle, d’une pureté incroyable (de face comme de dos) a été extrait des ruines du temple d’Héra. Il porte Dyonisos sur le bras.

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Nous avons vraiment beaucoup appris sur l’origine des jeux olympiques. On notera toutefois qu’ils étaient systématiquement et obligatoirement associés à une période de paix, les cités-états grecques s’engageant à respecter une trève si une guerre était en cours. Il parait qu’aujourd’hui la période des jeux doit également être une période de paix. Il faudrait en parler aux dirigeants de tout poil et aux fous furieux qui se répandent aléatoirement dans les cités du monde.

En fin de journée, nous visitons une petite propriété vinicole locale avec dégustation de vins de toutes couleurs : blanc sec, moelleux, rosé et rouge accompagnés d’un petit encas. Délicieux moment !

En Arcadie

En Arcadie

Nous remontons vers Olympie notre prochaine étape. En partant ce matin, la mer est déchainée, enfin plutôt moins calme que les jours précédents. Il faut dire qu’un vent fort (mais chaud) s’est levé dans la nuit.

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Nous avons aujourd’hui une longue route à faire, mais nous prenons notre temps en prenant des chemins de traverse à travers les montagnes. Nous faisons un premier arrêt à Karytena, village surmonté d’un château franc du 13ème siècle en ruines et de plusieurs églises dont Saint Nicolas récemment restaurée.

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Nous déjeunons à Andritsaina, un peu plus loin sur la même route. Ce village surplombe les gorges de l’Alphios, très agréable avec ses petites ruelles étroites.

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Il nous reste une dernière visite à faire avant d’arriver à Olympie, celle du temple d’Apollon Epikariou à Bassae, construit en 400 avant JC. Ce temple a été créé pour honorer Apollon qui avait plusieurs qualités : dieu de la fertilité des champs, dieu des arts, dieu de la purification et protecteur de la santé. Ca ce n’est pas la moitié d’un dieu !

En arrivant sur le site on découvre un énorme vélum soutenu par des poteaux métalliques et des câbles d’acier. En fait il s’agit d’une protection pour la reconstruction du temple.

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Il faut dire que le chantier est d’ampleur. Commencé en 1902, il n’est pas prêt d’être achevé mais déjà on a une très bonne idée de ce qu’était le temple : 6 colonnes sur les petits côtés, 15 colonnes sur les grands. Impressionnant.

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Toutefois son histoire est soumise à hypothèses. Certains pensent qu’il a été construit pour rendre hommage à Apollon qui avait protégé la population d’une épidémie, d’autres n’en savent rien; certains pensent qu’il a été construit par l’architecte de l’Acropole d’Athènes, d’autres ne voient pas comment un architecte réputé a pu finir au fin fond des montagnes de l’Arcadie; bref tout cela est bien flou sauf la réalité de la construction qui, elle, est bien nette.

En tout cas le puzzle est encore bien incomplet, en témoignent les morceaux éparpillés sur le site mais déjà numérotés pour un assemblage futur…

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