Nous sommes à Berat. Comme Gjirokastra, cette ville est classée au patrimoine mondial de l’humanité. Nous commençons notre visite par le quartier de Mangalem le long de la rivière Osum. A l’entrée du quartier se dresse la mosquée des Rois du 15ème siècle reconstruite au 19ème. Derrière se trouve un téké, temple de l’ordre Alevi des Bektachis (le Bektachisme est une mouvance de l’islam très implantée en Albanie qui prône un islam beaucoup plus libéral) dans lequel se trouve la tombe du Pacha de Bérat. Le pacha était le dirigeant de la région administrative ottomane. A côté on peut voir l’alignement des cellules des Babas, les pères Bektachis.
Nous passons devant le sérail (ancien harem) puis devant la mosquée des célibataires construite pour les gardiens du bazar détruit depuis par Enver Hodja pour atteindre le pont qui enjambe l’Osum.
De là nous avons une superbe vue sur le quartier et ses maisons de style ottoman serrées les unes contre les autres. Elles ont 2 étages contrairement à celle de Gjirokastra qui en avaient 3. Le premier sert au service de la maison, le second à l’habitation. La base étroite permet de diminuer les impôts et permet une circulation plus aisée dans les ruelles pavées.
Le quartier de Mangalem est musulman, celui de Gorica (prononcez goritsa), de l’autre côté du fleuve est chrétien. En levant les yeux au dessus de Mangalem on aperçoit l’église orthodoxe St Michel nichée dans la roche. Mais que fait-elle du mauvais côté du fleuve ? Et bien elle était là la première avant l’arrivée des ottomans et a donc perduré.
Il nous reste à visiter la forteresse. Ça grimpe et il fait bien chaud ! Cette citadelle date du 5ème siècle avant notre ère. Construite par les Illyriens, les habitants des lieux, et notamment par la tribu des Albans, elle prend le nom d’Antipatrea à l’époque romaine, de Belgrad, la ville blanche sous l’empire bulgare et devient Berat par contraction du nom. Elle appartiendra ensuite à la famille Muzaka, deviendra une des forteresses résistantes de Skanderberg avant de tomber aux mains des ottomans.
La citadelle est habitée. On y voit les restes de nombreuses églises orthodoxes et dans l’ancienne cathédrale, le musée iconographique d’Onufri est installé (du nom d’un célèbre peintre d’icônes).
Avant de quitter l’endroit nous marchons sur les remparts qui dominent la ville nouvelle et le quartier de Gorica. Au passage on admire une église byzantine bien rénovée.
On déjeune sur place et on repart pour une longue route qui nous fera rejoindre la frontière avec la Macédoine du Nord en passant par Elsadan, la ville centrale d’Albanie.













